Humeurs, LGBT, geek, ... un peu de moi en somme.

La crise du Coronavirus au Luxembourg - EP 01

18 July 2020 Luxembourg and COVID-19

La bêtise mondialisée autour du COVID-19 me donne envie d’écrire un petit peu sur comment, dans mon pays, nous vivons cela et essayons de gérer au mieux cette crise sanitaire sans précédent de mémoire de vivants.

Un peu avant que tout cela n’éclate, on avait déjà un peu vu venir le truc de loin avec mes collègues et on avait pris les devants en arrêtant de nous réunir dans notre petit bureau dans notre shared space et en travaillant de la maison, puisque nous sommes tout trois chanceux de pouvoir le faire dans de bonnes conditions.

Le lockdown

S’il a été mal vécu par certains, j’ai trouvé cela très sympa pour ma part. Rester à la maison, dormir plus, avoir une journée plus étalée qui permet de composer avec un rythme autre (méditation le matin, faire une lessive et l’étendre au besoin, récupérer les colis…). Et puis il y a eu une envie de communiquer plus avec les autres (peut-être aussi parce que le besoin de prendre des nouvelles se faisait plus pressant) qui fait que j’appelle des amis, de la famille qui s’installe et qui n’est pas si mal.

Alors bon évidemment pour les BBQ et les apéros, Zoom ça va 5 min, mais ça ne remplace pas un vrai contact. Pour autant, durant les 2-3 mois de ce confinement obligatoire, je n’ai pas ressenti souvent de gènes par rapport à cela.

Obligatoire, revenons là-dessus. Personne ne nous a mis un flingue sur la tempe et nous n’avons pas eu besoin de demander un mot de notre maman nous-mêmes pour pouvoir sortir. Les courses une fois par semaine. Les urgences. Les personnes âgées plus ou moins à charge le cas échéant et c’est tout. Par ex, on allait voir les parents de mon mec une fois par semaine, on restait dehors, on se parlait à la fenêtre, et voilà. Ici la population a plutôt bien joué le jeu. De toute façon seuls les commerces de bouche et les pharmacies étaient ouvertes, avec bien sûr les services publics type poste. Pas mal de choses étaient sur rendez-vous ou en horaires restreints le temps que des procédures de protections soient mises en place. J’ai vu des magasins être nettoyés plusieurs fois par jour. C’était assez surréaliste à voir.

Sortir une fois par semaine faire ses courses. Sortir tout les deux jours ou presque faire une balade d’une heure pour le moral et l’exercice. Se laver les mains avec plus d’attention et dès qu’on revient de l’extérieur. Désinfecter les surfaces plus souvent (surtout les poignées extérieures, passe-plats, tout ce qui est dans l’environnement proche de l’entrée). Faire face aux achats compulsifs des gens qui créent de la pénurie artificielle. Méditer plus que d’habitude. Binge watcher tout plein de séries sur Netflix. Et profiter du balcon, d’un peu d’air. Organiser des points café confinés avec les collègues qui sont en chômage partiel (on dit activité partielle en France, ça fait plus mieux).

Les bonnes relations du Luxembourg avec la Chine ont permis de commander très tôt masques et tests de dépistages en nombre. 10 masques ont été distribués à tous les résidents de +16 ans par les villes assez tôt. Villes qui ont mis en place également un service pour faire les courses et livrer aux personnes à risques (personnes âgées, avec un système immunitaire patraque…) payables sans contact (par virement/prélèvement) et déposé devant la porte des gens.

Les hôpitaux et cliniques ont été réquisitionnés, des hôpitaux de campagne construisent dans le centre et le nord du pays, et des centres de dépistages/triage installés partout sur le pays pour éviter que les gens aillent aux urgences ou à l’hôpital en cas de suspicion. Une hotline mise en place pour répondre à toutes les questions et envoyer une personne faire un prélèvement à domicile pour les tests afin d’éviter les déplacements.

Avec les frontières fermées bien évidemment, les 45 % de travailleurs frontaliers devaient rester chez eux, ou alors télétravailler, à l’exception du personnel médical qui a été logé sur place dans des hôtels réquisitionnés par l’État. Télétravail pour tous ou presque, dispositif de chômage partiel avec prise en charge à 80 % du salaire par l’État, des primes pour les travailleurs indépendants (qui ne sont pas salariés) et pour les PME. Des dispositifs de report de taxe ou d’exonération (TVA, taxe pro…) et un appel (peu ou pas suivi malheureusement) aux banques pour faciliter les reports de mensualités de crédits et aux bailleurs pour suspendre ou réduire les loyers.

Ce que j’en retire c’est que sur le plan économique ce n’était pas parfait. Pas mal de cafouillage au démarrage, mais une volonté de faire pragmatique (ce qui qualifie ce pays), le volet social a été, pour ma part, un grand moment d’émerveillement. Je n’aurais pas pensé que toute cette logistique puisse se mettre en place si rapidement. Ni que les résidents suivent aussi bien les consignes du gouvernement. Venant de la France, vous savez… 😏

Photo by United Nations COVID-19 Response