impression-3d, prusa, mk4s, multi-filament, and retour-experience
J’ai déjà pas mal d’expérience en impression multi-filament, surtout pour du multi-couleur basique : une couleur par couche, des changements manuels espacés, rien de très sorcier. Mais récemment, j’ai voulu pousser le concept un peu plus loin : imprimer plusieurs couleurs dans la même couche, sur plusieurs couches consécutives.
Le projet ? Une boîte de rangement pour un jeu de tarot destinée à un ami. Deux demi-boîtes, 10 couches avec deux couleurs chacune. Soit 20 changements de filament manuels au total. C’est encore jouable sans devenir fou — mais ça demande une config solide et prévisible.
Je n’ai pas de MMU, et même si j’ai très envie d’en acheter un, je veux d’abord tester les limites de mon setup actuel. L’argent ne tombe pas du ciel, tout ça tout ça. Donc j’ai décidé de voir jusqu’où je pouvais aller avec un extrudeur unique et des changements de filament bien placés. Spoiler : ça marche, mais pas sans quelques détours.
Contexte : Je configure PrusaSlicer en mode “Single Extruder Multi Material” (sans MMU), je mets deux extrudeurs virutels, je leur assigne une couleur chacun, je “peint” mes différentes pièces pour leur assigner l’extrudeur correspondant. Je vérifie que tout est bien configuré, je lance l’impression, et… rien. Aucun changement de filament. Tout sort dans la couleur déjà chargée.
Pourquoi ?
Parce que le mode “Multi Material” dans PrusaSlicer est conçu pour piloter un MMU qui change automatiquement les filaments via un code de “changement d’outil”. Sans MMU branché, le code ne déclenche pas un changement de filament, aucun M600.
Résultat : une boîte monochrome. Pas terrible pour un projet censé être multicolore. 😅
Leçon retenue :
Il faut forcer manuellement les pauses de changement de filament avec le G-code M600.
Contexte : J’ajoute un M600 dans le G-code de changement d’outil pour forcer le déchargement/chargement manuel. J’ai fait cela dans les réglages du slicer, comme ça il l’insère au bon endroit dans le G-code. Ça devrait fonctionner. Sauf que j’ai laissé la wipe tower activée, avec un flow de 200% pour accélérer la purge.
Résultat ? Des gros pâtés de filament qui s’accumulent sur la tour de purge. Au bout de quelques couches, ça finit par boucher l’extrudeur au niveau de l’idler. L’impression s’arrête, et je me retrouve avec un bouchon coincé juste à l’entrée de la buse.

Si tu te retrouves dans cette situation, voici comment j’ai procédé :
Contexte : Je baisse le flow de la tour de purge à 100% au lieu de 200%, en espérant éviter les amas.
Résultat ? Toujours des pâtés. Moins gros, mais suffisamment pour provoquer des collisions et des décrochages de couche. La wipe tower reste un problème structurel dans ce contexte.

Leçon retenue : La wipe tower n’a pas de sens quand tu changes manuellement de filament. Autant s’en passer complètement.
Après ces échecs, j’ai trouvé la config qui marche de manière fiable :
Dans l’onglet Printer Settings > General > Functionalities :

Dans l’onglet Printer Settings > Extruder X :

Dans l’onglet Print Settings > Layer and perimeters > Quality :

Dans l’onglet Print Settings > Multiple Extruders :

Dans l’onglet Printer Settings > Custom G-code :
M600 ; Pause pour changement de filament

Dans l’interface 3D de PrusaSlicer, tu as importé ton modèle 3D et tu as déjà séparé les parties en couleurs.

Avec cette config, j’ai pu imprimer ma boîte de tarot sans aucun souci. Les 20 changements de filament se sont déroulés proprement, sans clog, sans pâté, sans bavure.
Si vous avez une Prusa Mini, la méthode est la même. Ca sera sans doute un peu plus fastidieu car je ne suis pas sur de la position parking pour le changement du filament (et les petits poops de filament lors de la purge) mais c’est gérable.
Pour te faciliter la vie, voici un export de mes réglages PrusaSlicer :
→ Télécharger le profil d’imprimante MK4s (.ini)
→ Télécharger le profil de réglages d’impressions (.ini 0,4mm nozzle)]
(Ces fichiers sont compatibles avec PrusaSlicer 2.7.0 et supérieurs.)
Si tu as une Prusa MK4S (ou Mini) et que tu veux te lancer dans l’impression multi-couleur sans investir dans un MMU, c’est totalement faisable. Ça demande juste un peu de rigueur dans la config et de la patience pendant les changements.
Les échecs font partie du processus — mais une fois que tu as trouvé la bonne config, ça roule tout seul.
Si cet article t’a donné envie de tester (ou de craquer pour une imprimante Prusa), tu peux utiliser mon lien parrain :
→ Imprimante Prusa MK4s assemblée
→ Imprimante Prusa MK4s en kit
→ Imprimante Prusa Mini+ semi assemblée
→ Imprimante Prusa Mini+ en kit
ça me donne des points que je convertis en filament et tu en gagnera to aussi au passage, donc merci d’avance si tu passes par là. 🙏
(Note : c’est un lien sponsorisé, mais je ne touche pas de commission en euros — juste des crédits pour du consommable.)
Et toi, tu as déjà tenté le multi-filament manuel ? Raconte-moi tes galères (ou tes réussites) en commentaire ou sur Mastodon.